Deux contrats d’assurance habitation peuvent afficher le même prix et ne pas du tout vous protéger de la même façon. Le problème, c’est que les différences se cachent dans des documents que presque personne ne lit : les conditions générales et le tableau des garanties.
J’ai repris ces documents point par point. Voici les six éléments qui, à prix égal, séparent un bon contrat d’un contrat qui vous laissera seul le jour du sinistre.
1. Les garanties de base… et celles qui ne le sont pas
La plupart des contrats couvrent l’incendie, le dégât des eaux, les catastrophes naturelles (garantie obligatoire dès que le contrat couvre l’incendie) et la responsabilité civile. Mais le vol, le bris de glace ou les dommages électriques sont souvent en option, ou inclus seulement dans les formules haut de gamme.
Avant de comparer des prix, vérifiez que vous comparez les mêmes garanties. C’est l’erreur la plus fréquente.
2. La franchise
La franchise, c’est la somme qui reste à votre charge à chaque sinistre. Un contrat moins cher a souvent une franchise plus élevée. Faites le calcul simple :
| Contrat A | Contrat B | |
|---|---|---|
| Prime annuelle | Plus basse | Plus haute |
| Franchise par sinistre | Élevée | Faible |
| Intéressant si… | Vous déclarez rarement | Vous craignez les petits sinistres répétés (dégâts des eaux en immeuble ancien, par exemple) |
Attention aussi aux franchises spécifiques : catastrophes naturelles (fixée par la réglementation), vol, ou franchise majorée en cas de non-respect des mesures de prévention.
3. Les plafonds d’indemnisation
Chaque garantie a un plafond. Le point à regarder de près, c’est le plafond des objets de valeur (bijoux, matériel informatique, instruments…) : il est souvent bas, et parfois conditionné à des justificatifs ou à des moyens de protection (serrure, alarme). Si vous avez des biens de valeur, c’est souvent là que deux contrats se distinguent vraiment.
4. Valeur à neuf ou vétusté déduite
Après un sinistre, votre mobilier peut être remboursé :
- vétusté déduite : on retire l’usure. Un canapé de 8 ans sera remboursé une fraction de son prix ;
- en valeur à neuf : remboursé au prix d’un équivalent neuf, souvent dans une limite de vétusté (par exemple 25 % maximum déduits) et parfois en deux temps, sur présentation de la facture de rachat.
Encore une fois, à prix proche, cette ligne peut représenter des milliers d’euros d’écart le jour où il faut tout remplacer.
5. Les exclusions
Les exclusions sont listées dans les conditions générales. Les plus courantes concernent le défaut d’entretien, les infiltrations progressives, certains dommages en cas d’absence prolongée du logement ou les biens laissés à l’extérieur. Lisez ce paragraphe : c’est le seul endroit où le contrat vous dit clairement ce qu’il ne fera pas.
6. La résiliation
Depuis la loi Hamon de 2014, vous pouvez résilier votre assurance habitation à tout moment après un an de contrat, sans frais ni justification. Concrètement, ça veut dire que vous n’êtes pas enfermé : si vous trouvez mieux, le nouvel assureur peut souvent se charger de la résiliation pour vous.
Ce que je retiens
Le prix n’est que le dernier critère. Dans l’ordre :
- comparez les mêmes garanties ;
- regardez la franchise au regard de votre risque réel ;
- vérifiez le plafond des objets de valeur et la valeur à neuf ;
- lisez les exclusions.
Ensuite seulement, comparez les prix. Et si votre contrat actuel a plus d’un an, vous êtes libre d’en changer.
Rappel : l’assurance habitation est obligatoire pour les locataires, et la responsabilité civile l’est pour les copropriétaires. Pour un propriétaire occupant d’une maison individuelle, elle n’est pas obligatoire mais fortement recommandée.
Sources : service-public.fr (assurance habitation, résiliation loi Hamon), Code des assurances, conditions générales de contrats du marché.